Giens, souviens-toi.
Je me souviens, maintenant, de tout,
de cette plage, avec toi, à Giens,
j'avais trente ans, j'étais un peu fou,
amoureux comme un collégien.
Dans cette tristesse où je m'étais isolé,
tu as su écouter mon cœur d'homme blessé
pleurer sur la peur des lendemains,
croyant toujours à un amour sans fin.
Au large des îles du Levant,
aux couleurs d'un accent marseillais,
l'amour venait de me tutoyer,
rien ne serait plus comme avant.
Nos jeux étaient chouettes,
lorsque, allongés, sous le soleil,
une main délicate comme le miel,
me caressait d'une plume de mouette.
Trop vite le rêve s'est abîmé
tu es repartie dans ta « deux-chevaux »
Je n'ai pas su trouver tous les mots
pour te dire combien je t'aimais.
Alors nos vies sont passées,
mais je n'ai rien oublié.
Du fond de mon atelier,
je voulais te retrouver.
La route, vers toi, est belle,
c'est la route des vacances.
Pour cette infime étincelle
je suis en état d'urgence.
La route, vers toi, est belle
c'est le chemin de l'amour
ce destin est désormais mien
depuis la presqu'île de Giens.
(pour un ami)