Le temps.
S'écoule le temps, insensible,
à nos peines, à nos douleurs,
à nos joies ou à nos bonheurs,
mille fractures invisibles.
A chaque seconde, nous allons
un peu plus à ce rendez-vous,
vers lequel nous irons tous,
en costume ou en haillons.
Fleuve intarissable de la vie,
laisse filer le temps, doucement.
Accorde-nous cette survie
pour finir notre vie lentement.
Maintenant nous le savons.
Notre temps nous est compté,
et il faut en profiter
avant le souffle d'Aquilon.
Toi, vent glacial du Nord,
quelle sera donc ton heure
où d'une faim carnivore
tu envahiras ma demeure ?
Loin de ton âme je me réfugie
blotti dans le cocon de mes amours
usant de toutes les stratégies
et te refusant tout séjour.
Un jour bien sûr tu gagneras,
tant ma lutte est illusoire
alors tu auras mon trépas
comme preuve de ta victoire.