Des mots, simplement des mots ...

Des mots, simplement des mots ...

L'enfant de la guerre

  

 

Ce mois là, tu n'avais pas encore cinq ans,

fillette poussant un landau bringuebalant,

subjuguée par l'étrange garde champêtre,

qui défilait avec ses drôles de guêtres. 

 

 

Ce papa avec sa belle tenue militaire

avait fière allure et sur la ligne Maginot,

avec tant d'autres et leurs fichus paletots

ils bouteraient de France, ces vils adversaires.

 

Ils étaient partis avec ces sourires de conquérants

aux chants guerriers contre les belligérants

ils rentreraient bien avant la nouvelle année

Les maréchaux l'avaient déjà proclamé.

 

Petite fille, combien as-tu versé de pleurs

seule, derrière la fenêtre guettant le facteur ?

L'imprenable ligne était contournée

et de nouveaux voisins s'étaient installés.

 

Petite fille de la guerre, tu as beaucoup souffert

de la peur des bombes et de la violence des hommes

il y a des atrocités qui abîment les mômes

et papa, prisonnier attendait son transfert

 

Tu es devenue une fille grande et belle

défilant avec une élégance naturelle.

Quel beau couple vous étiez, ce jour

où tout le monde enviait votre amour.

 

Des enfants sont venus vous combler

mais la vie ne fait jamais de cadeaux.

Ton combat a alors recommencé

et avec courage tu as porté ce fardeau.

 

Petite mère, tu peux être très fière.

A bout de bras, tu as porté et guidé

chacun de tes enfants vers sa destinée

sur son chemin et au delà des ornières.

 

Tu as l'amour de trois grands enfants

sortis de ce landau bringuebalant.

Ils te disent en chœur qu'ils t'aiment

et l'écrivent même si cela te gêne.



04/01/2012
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